samedi 1 novembre 2008

Very Berlin

C'est en autobus première classe, avec service de bar (Hic!), que nous avons sillonné la campagne de l'Allemagne du Nord en direction de Berlin. Après six jours dans la proprounette Hamburg, nous avions hâte de voir un peu d'action bien citadine avec des punks qui puent, des papiers gras sur le trottoir et des gens qui conduisent mal. À notre arrivée, le gouvernement avait dû cacher toutes ces choses puisque le seul bordel que nous ayons vu ne se trouvait pas dans la rue mais sur la rue. Un beau bordel architectural !

Bien sûr, Berlin a été bombardé comme pas possible il y a 60 ans. Et puis il y a les espaces laissés libres après la démolition du mur il y a moins de 20 ans qu'il fallait remplir. Et les bâtiments historiques, ou ce qu'il en restait, qu'on souhaitait conserver ... ou reconstruire. La solution la plus adoptée (et curieusement adaptée) a été de construire du très moderne à côté de l'antique. Berlin doit être la ville qui présente le plus de bâtisses en verre ... on se croirait dans une valise d'extra-terrestre qui a rapporté des souvenirs d'un voyage dans le temps.

Le Reichstag (parlement Allemand) est selon moi l'emblème par excellence de ce genre de reconstruction-conservation-innovation. La façade a été reconstruite telle qu'avant les bombardements. L'intérieur est ultra-moderne, vaste, translucide, aérien. On trouve par contre des bouts de murs sur lesquels les graffitis de soldats Russes ont été conservés. Pour ne jamais oublier, que le guide nous a dit. C'était étrange, cette visite officielle. Bien qu'on ne "fait que souffler dans nos tuyaux", on était invités en tant que représentants de l'armée canadienne. On a même eu un briefing avant de partir comme quoi si on voulait montrer "2" avec nos doigts, d'utiliser le pouce et l'index et non l'index et le majeure comme on le fait usuellement ici. C'est que le signe qu'on croit vouloir dire "peace" est en fait le signe de la victoire contre l'Allemagne ... c'est vrai que ça fait plus un "V" qu'un "p".

Je ne pouvais bien sûr pas manquer la visiter de la philharmonie de Berlin, un endroit où je n'ose même pas penser à jouer en rêve. C'est magnifique avec, bien sûr, une acoustique idéale. J'y ai retrouvé l'esthétique organique du début de XXe que j'avais adoré à Barcelone avec Gaudi et sa gang : pas d'angles droits, beaucoup de lumière naturelle et l'impression que le dehors se poursuit à l'intérieur.

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